Cette exposition est née d’une amitié, d’un mélange de deux univers, de la générosité, de l’échange et de la couleur. Ici, nous proposons une mise en commun de nos deux univers pour qu’ils n’en forment qu’un dans cet espace d’exposition. Dans nos pratiques respectives, nous avons pour habitude de réaliser des projets volumineux qui explorent les limites du textile et de la matière. L’idée est de réaliser une exposition de forme encombrante dans un espace restreint. Mélanger ces formes composées de matériaux variés (papier, journaux, scotch, acrylique, tissus, ouate, blocs de mousse, fils, colle néoprène) pour qu’elles ne forment qu’un bloc au sein de cette vitrine. Dans cette fenêtre fraîche, il y a la volonté d’avoir un espace où les formes se contraignent les unes aux autres, créant des plis, des zones de tension et de déformation. La superposition amène des combinaisons de couleurs, apportant presque de la transparence. Cette approche évoque pour nous le processus de stockage de nos productions, lorsqu’elles sont entreposées de manière à occuper le moins d’espace possible dans nos ateliers. Elle fait également écho à la rencontre des corps qui s’entremêlent, qui se mélangent, à leur pliage et à cette impression de peaux qui se collent.
La Fenêtre fraîche est est un espace d’exposition mis à disposition des étudiant·e·s et artistes invité·e·s dans le cadre de la plateforme NDE, coordonnée par Marie Adjedj, Virginie Barré et Eva Taulois, avec la complicité de Robin Garnier.
NDE / NOS DÉSIRS D’EXTÉRIEUR
À ces débuts, la plateforme NDE a été menée par Virginie Barré, Antoine Dorotte et Bruno Peinado, ensuite rejoint·es par Marie Adjedj et Eva Taulois. Elle s’intéresse à l’espace public comme un des lieux de l’art, depuis la commande publique jusqu’à l’intervention performative et éphémère. Un lieu qui implique des rapports singuliers tout autant à l’espace physique, géographique, social, que politique. Un lieu qui offre incessamment la possibilité de repenser les interrelations entre l’art et le public. L’espace urbain ou péri-urbain ont été les supports de cette réflexion, incarnée lors de temps forts par des confrontations aux problématiques soulevées par des réalisations concrètes. Cette plateforme ouvre ainsi de multiples possibilités d’axes de recherche, de la peinture murale au cinéma en passant par le volume, l’architecture ou l’anarchitecture, le design ou l’anti-design. Nous nous y intéressons aux zones de porosités et de frottements que pourraient entretenir une école d’art avec le monde, ou bien des étudiant·es avec leurs devenirs, ou encore des projets avec leurs matérialisations. C’est ainsi que Nos Désirs d’Extérieur sont aussi, bien souvent, Nos Désirs d’Exposition et Nos Désirs d’Émancipation. Tous nourris par la pratique sous toutes ses formes, l’expérience des modalités d’exposition, l’étayage théorique et critique selon des orientations volontiers audacieuses.